07 06 42 03 87
contact@la-fabrique-a-sagesse.com

Routines matinales ou pas routines matinales, telle est la question …

Coach, praticienne EFT et auteure

Routines matinales ou pas routines matinales, telle est la question …

Alors, soyons clair dès le départ : il ne s’agit pas d’un titre accrocheur pour vous inciter à vous lever à 5h30 du matin, faire une heure de sport, deux heures de méditation pour au final devenir milliardaire ! Que nenni.  La question est bien réelle : est-ce qu’il est bon, POUR VOUS, de mettre en place des routines matinales ou pas … et quels sont les pièges à éviter pour bien réussir leur mise en place ?

Qu’est-ce qu’une routine matinale ?

Tout d’abord, une petite explication pour ceux qui ne connaîtraient pas les « routines matinales » : dès que l’on commence à mettre le bout de l’hallux* dans le domaine du développement personnel, on arrive très vite au concept des routines matinales. Il s’agit d’une série d’actions que l’on fait tous les matins pour se mettre en condition pour la journée. Lorsqu’on suit les grands motivateurs, on retrouve un peu toujours le même type d’habitudes : sport, méditation, visualisation, gratitude, …

Pourquoi avoir des routines matinales ?

En fait, si on y réfléchit bien, lorsqu’on se prépare le matin à aller travailler, on fait quoi ? On prépare son corps (physique) pour la journée : on l’alimente en énergie (petit déjeuner), on le lave et on l’apprête. Bon, les chef.fe.s de famille s’occupent en plus de la logistique et de la préparation des enfants. Lorsque vous franchissez le seuil de votre porte pour aller travailler, votre corps est dans un état qui répond aux critères que vous avez décrétés comme étant « corrects » pour votre vie professionnelle (type de vêtements, maquillage, coiffure, etc.). Au fond, l’objectif des routines matinales est de préparer aussi son mental et son humeur pour la journée : grâce à elles, vous passez votre pallier dans un certain état mental d’énergie, de concentration, de joie, de confiance, …

Est-ce que tout le monde a besoin de routines matinales ? Clairement non ! Bien sûr, à l’aire de l’Économie de l’Attention, il est plus vendeur de vous dire « Regardez comme ma vie est fantastique ! Si vous voulez devenir millionnaire comme moi, prenez un jus de citron à jeun chaque matin… ». Ok, c’est une caricature… ou presque… Pour les personnes qui ne comprennent pas le lien avec l’attention, le principe sous-jacent est de vous créer une angoisse (votre condition financière) et de vous proposer une solution juste après (le jus de citron). Ainsi la personne apparaît comme un « sauveur » qui vous procure du soulagement parce qu’il propose une solution à votre angoisse (provoquée). Et cela vous conditionne à retourner chercher cette sensation de soulagement à votre prochain coup de mou ou moment de stress auprès de cette personne. Mais ce n’est pas le propos de cet article.

La réalité est que nous n’avons pas nécessairement besoin de routines matinales. Bien sûr, apprécier ce que l’on a (gratitude), entretenir son corps (sport) ou savoir faire le vide dans sa surcharge mentale (méditation) sont importants, mais pas nécessairement de façon quotidienne et pas nécessairement le matin.

Alors on fait quoi ?

On commence déjà par faire le point : a-t-on vraiment besoin de changer notre état d’esprit et notre humeur pour passer de meilleures journées ? Si tout va bien pour nous, que l’on se sent bien dans sa vie et qu’on apprécie nos journées, ce n’est pas la peine de se lancer dans un combat intérieur pour mettre en place des habitudes qui ne nous apporteraient pas nécessairement un plus. On peut, bien sûr, apporter quelques changements en douceur, pas de quoi révolutionner nos matinées.

Ensuite, si l’on sent que ça pourrait être mieux, on se demande : « Quel état mental serait le plus porteur pour moi au moment de franchir le seuil de ma porte le matin ? ». En fonction de la réponse, on cherchera comment atteindre l’état souhaité. Par exemple, certains auront besoin de zenitude dans leur journée, ils pourront alors se tourner vers la méditation, la cohérence cardiaque, le yoga, ou de la musique calme. D’autres auront besoin de focus et chercheront à se remémorer ce qui est important pour cette journée, cette semaine, cette année. D’autres encore devront être agréables pour la clientèle, ils chercheront par exemple à se mettre en joie et en gratitude.

En fait, il n’existe pas une routine universelle qui conviendrait à tout le monde. Le fameux « Miracle Morning » d’Hal Elrod regroupe des actions différentes qui couvrent un large panel pour convenir au maximum de personnes, mais en réalité, chacun préférera quelques actions dans le lot. Par exemple, il faut savoir que lorsqu’on se réveille, le cerveau est calme et reposé. L’un des bénéfices d’une bonne méditation est de calmer l’activation cérébrale. Vous comprendrez donc que les personnes qui ont surtout besoin de diminuer leur flot de pensées ne trouveront pas grand intérêt à la méditation le matin et auront beaucoup de mal à mettre en place cette habitude. Cette activité leur sera beaucoup plus bénéfique pour eux le soir.

De même, il ne faut pas oublier qu’une grande partie des personnes qui préconisent les routines matinales sont à leur compte : ils ont donc une flexibilité d’emploi du temps que n’a pas le commun des mortels. Il est donc facile pour eux de prendre deux heures le matin pour préparer leur état d’esprit (d’ailleurs, je n’ai pas encore entendu une de ces personnes parler d’enfants à réveiller et à préparer …). 

Comment choisir les routines à mettre en place ?

Il est important de se concentrer sur ce que l’on recherche dans ces routines. Comme vous l’aurez compris, je déconseille très fortement de reprendre les routines des grands motivateurs. D’une part elles ne sont pas nécessairement adaptées à notre style de vie et au temps dont on dispose, et d’autre part, elles ont été choisies en fonction de leurs besoins et de leur nature à eux. Donc l’idée est de choisir ce qui vous correspond à vous. Certains préféreront passer par le corps pour changer d’état, d’autres préféreront passer par les pensées. Certains préféreront « charger » l’état souhaité à partir d’éléments extérieurs comme une revue du planning ou de la musique par exemple, d’autres au contrairement auront besoin de faire le vide et de ressentir du calme. La meilleure routine est celle qui respecte votre nature profonde unique !

Maintenant, vous serez peut-être tenté d’aller chercher sur Internet des idées de routines matinales et c’est une excellente idée ! Cependant, je tiens à vous prévenir : ne prenez pas de décision dans les 48 heures qui suivent cette recherche. Pourquoi ? En fait, lorsque vous regarderez toutes ces informations, vous passerez par plusieurs états émotionnels : auto-critique, jalousie, peurs, stress, espoir, rêve, etc. Et ces émotions influenceront vos choix de routine. Si la personne qui vous a présenté ses routines a particulièrement appuyé sur les leviers de peine et d’espoir, vous serez plus enclin à penser que ces habitudes sont exactement ce qu’il vous faut. Un recul s’impose donc pour que vous retrouviez un peu de sérénité et de capacité de réflexion sur les choix à faire. C’est humain.

Une fois que vous avez décidé des routines que vous souhaitez mettre en place, vous allez alors les filtrer de la façon suivante : quand vous pensez à une de ces habitudes, est-ce que vous pensez uniquement au résultat final (le corps de rêve) ou bien est-ce que vous pensez aussi à la mise en pratique de l’habitude (nombre d’abdos quotidiens) ? Si vous ne pensez qu’au résultat final, alors je vous conseille fortement de laisser tomber cette habitude tout de suite : vous n’êtes pas préparé à la douleur de sa mise en route et vous n’aurez probablement pas assez de volonté pour dépasser la phase de résistance. Et le pire dans une habitude est d’abandonner car nous avons alors un monologue intérieur catastrophique qui pousse le cerveau à soulager cette déception par des plaisirs à court terme (gâteaux, chocolat, jeux vidéo, cigarette, alcool, etc.) qui augmentent encore plus notre mal-être. Il est donc plus bénéfique pour nous de ne pas essayer d’adopter une habitude que de l’abandonner.

Comment mettre en place une routine matinale ?

Le piège dans lequel la plupart des personnes tombent lorsqu’elles commencent une nouvelle habitude est le suivant : commencer du jour au lendemain toute la liste des nouvelles habitudes ! Cette technique, pourtant très facilement préconisée, est juste à l’antithèse du fonctionnement du cerveau. Contre-nature en d’autres termes !

En fait, le cerveau est constitué de milliards de neurones, un peu comme un réseau routier. Comme pour un sentier, plus le chemin est fréquenté, plus le passage est facile et dégagé. C’est pareil dans le cerveau : plus un chemin est utilisé, plus il sera facile à prendre. Et une prise d’habitude consiste à transformer une jungle en autoroute, à force de répétition. Autant dire que les premiers passages sont difficiles et énergivores pour le cerveau. Les premiers jours le cerveau accepte encore parce qu’il n’a pas encore bien intégré la douleur associée à la nouvelle habitude, mais dès le troisième jour il mettra en place toute une politique de sabotage pour arrêter la souffrance (et ce n’est pas qu’il soit contre vous, bien au contraire, il vous préserve !). Donc les deux-trois premiers jours, la personne arrive encore à faire sa liste de nouvelles routines, mais dès le troisième jour, la tentation de négocier ou de fuir pointe le bout de son nez !

Alors comment fait-on ? On commence doucement, malgré tout le zèle qui nous anime ! Et on utilise les neurosciences à notre avantage : les premières expériences doivent être douces, gratifiantes et plaisantes pour enclencher les mécanismes de la persévérance ! On commence autant que possible par travailler sur la prise d’habitude et on garde l’effort pour plus tard. J’explique par un exemple concret : supposons que vous souhaitiez vous mettre au sport. Vous devez alors commencer par l’habitude de vous préparer à faire du sport. Et quand vous commencerez à en avoir marre de ne pas faire assez de sport, alors vous commencerez l’effort du sport, doucement. En pratique, ce peut être : vous commencez les trois premières semaines par vous mettre en tenue de sport et sortir jusqu’au lieu de l’activité sportive. La première semaine vous le faites deux fois par semaine, puis trois ou quatre, puis cinq ou six, etc. À chaque sortie, vous faites un tout petit effort symbolique (quelques foulées ou une petite marche, quelques abdos, etc.) suivi de beaucoup de gratification. Il arrivera un moment ou tout cela vous semblera trop facile, voire ennuyeux. À ce moment-là seulement, vous commencerez à vous mettre réellement au sport.

C’est en utilisant notre psychologie à notre avantage que nous aurons le moins besoin de nous battre contre nous-même et d’user de volonté.

Et si les routines ce n’est pas pour moi…

Oui, les routines ne sont pas pour tout le monde ! Surtout ne culpabilisez pas si vous n’arrivez pas à vous astreindre à des habitudes (matinales ou autres) ! Certaines personnes aiment les habitudes. Elles se sentent en terrain connu, et en contrôle de leur vie par ce biais. Elles adorent entre autres les routines matinales ! D’autres personnes ont des besoins forts de liberté et de changement. Une routine leur semble être une forme d’aliénation ou de frein à leur créativité. Ces personnes-là NE DOIVENT PAS se lancer dans ce concept de routines matinales. Elles devraient plutôt avoir toute une panoplie d’outils à dégainer en fonction du besoin du moment. Et entre ces deux natures, presque opposées, existe tout un camaïeu de personnalités.

Donc si l’idée de faire la même chose tous les matins de votre vie ne vous emballe pas, offrez-vous le luxe d’être aux commandes de votre vie et de pouvoir changer ce que vous faites quand vous le souhaitez !

Et pour ceux qui aiment l’idée des routines mais qui saturent au bout d’un moment, vous pouvez par exemple adopter une des stratégies suivantes :

  • À chaque début de mois, décider des routines pour les 30 prochains jours, en fonction de vos envies, de la saison, de vos objectifs du moment, etc. (par exemple : ce mois-ci, 20 minutes de yoga du lundi au vendredi)
  • Avoir plusieurs activités répondant à un même besoin, à choisir selon l’humeur du moment (par exemple : avoir plusieurs types d’activités sportives comme du jogging et de la musculation)
  • Définir des règles de conduite et non des routines matinales (exemple : faire du sport 3 fois par semaine, quel que soit le moment ou le type de sport)

Et surtout ne complexez pas la prochaine fois que vous verrez un motivateur vous culpabiliser (indirectement) de ne pas faire autant que lui. Vous ne ratez pas votre vie. Vous avez juste un mode de fonctionnement différent.

En conclusion …

Les routines matinales sont très bien pour certains profils. Les routines matinales sont catastrophiques pour d’autres profils. Trouvez ce qui vous convient, ce qui vous donne envie de vous améliorer et qui vous procure de la joie rien qu’en y pensant. Et surtout, quel que soit les habitudes que vous aurez choisi d’implémenter, ne sollicitez pas la volonté comme seule ressource mais profitez des capacités incroyables de votre cerveau pour en faire votre allié et non votre ennemi.

Ne culpabilisez pas si vous n’y arrivez pas. Soit ces habitudes ne sont pas les bonnes pour vous, soit vous êtes juste dans le processus d’apprentissage qui nécessite des itérations abandon/reprise de plus en plus espacées. Quoiqu’il en soit, dans tous les cas, préservez l’amour que vous vous portez !

Soyez heureux, soyez positifs, soyez grégaires et améliorez notre monde à votre façon !

Marie Juliana

La Fabrique à Sagesse

* Hallux = nom savant pour dire « gros doigt de pied » ! 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *